Des mois avec des poussins, un récit en vers arithmonymes de sept mots, sera publié en trois fois dans la revue Nioques. Une cinquantaine de pages sont déjà présentes dans ce numéro 9/10. Le reste du livre sera publié dans les deux prochains numéros. Un extrait ici (sur Sitaudis). Et du son :
La minute de l'artiste repose sur une commande passée à un créateur, différent pour chaque épisode du magazine Bandes à Part, diffusée sur TéléNantes : "en une minute, l'artiste en question traduit en sons, images et mots, l'essence même de son quotidien d'artiste".
Des mois avec des poussins, un manuscrit que je cherche à publier, a encore été refusé par un éditeur. Je cite ici les grandes lignes de la réponse – trop longue pour la mettre en ligne dans son intégralité.
« Bonjour, nous avons bien reçu votre manuscrit. Nous espérons que vous ne nous en tiendrez pas rigueur ».
Je me demande si ce n'est pas encore un coup honteux des élus (ceux des frasques en exposition(1)). Je les ai rencontrés la semaine dernière devant le Théâtre National de Bretagne. Je passais sans me méfier. C'était plein de socialistes, non violents. Ils téléphonaient, mobiles. Des plis hasardeux se croisaient sur leurs vêtements en vogue (alors qu'une représentation à Bordeaux, quelques semaines auparavant, et une autre un dimanche à 18h00 devant l'église place Saint Germain à Rennes, avaient montré sur étoffe bleu marine des plis parallèles et pérennes – je recherchais des souscriptions pour mon manuscrit, mais j'ai dû fuir la célébration du monde et de sa beauté : ils s'offusquaient des extraits lus des Poussins sous arcades). Et donc, quelques jours plus tard, j'ai vu tout à coup aux portes du Théâtre apparaître les deux élus. L'élu à montures bleues m'a demandé où j'en étais avec mes collages. Nulle part – quelle idée. Ce que je faisais alors ? Dans l'écriture. L'autre m'a dit : vous ne publiez pas quand même ! Je cherchais à le faire et lui ai donné le nom d'éditeurs à qui je m'étais adressé. Il a alors tendu vers le ciel le bras jusqu'à l'index et baissé les fesses en disant : okey ! Sa posture incongrue – interloquant même sa doublure – m'incita à formuler cette phrase : « le pronostic vital n'est pas engagé j'espère ». Elle plut peu à son collègue, ainsi qu'à quelques spectateurs-électeurs qui s'étaient approchés. Suivi de la meute rose il fondit sur moi en aboyant que j'aurai de ses nouvelles, que le monde éditorial ne lui était pas étranger et d'ailleurs il connaissait des pigistes influents au sein de la rédaction du Mensuel municipal !
J'ai dû fuir et sauver ma peau, dont il avait saisi le gras sous le triceps.
Rien ne nous permet d'affirmer qu'à cette heure l'événement ait engendré des victimes, l'appareil a évidemment été vérifié avant sa mise en service et contrôlé avant le décollage ainsi que cela se fait à chaque décollage – et j'insiste : avant qu'une roue aux normes ne quitte la piste sécurisée aux lignes fraîchement repeintes, aux feux réglés ; avant qu'une aile ne s'élève pour aller rutiler dans le ciel bleu ; avant même qu'un pilote sur-entraîné ne fasse chauffer les turbines neuves et révisées, et j'irai jusqu'à dire avant que ce dernier ne quitte son domicile assuré, ses enfants adorables et bons élèves (qu'on ne peut soupçonner de vandalisme) et son épouse fidèle, attentive à ses enfants et à son conjoint en excellente santé ;
le reste en pdf ici : La musique des mots
Nouvelles frasques des deux élus.
Giclée prémonitoire ? Hasard sanglant ?
L'affiche de l'exposition à la Quincaillerie Générale présentait un catcheur. Il tord un journal alors que jaillit un geyser écarlate. C'est ce qui s'est passé le jour du vernissage et les deux élus, maintenant fameux, n'y ont pas été étrangers (et que ceux que j'ai rencontrés début juillet me pardonnent de ne leur avoir proposé que mon profil droit : les fils n'étaient pas encore enlevés sur le gauche).
Ils sont arrivés ensemble, et celui aux lunettes bleues m'a pris à part. Il voulait un collage de la dernière exposition. Impossible ; tout a été vendu. Il s'en agace. Son complice vient le calmer et l'autre le repousse. Un verre plein de punch tombe (toute la soirée les invités ont eu les semelles collantes et qui crissaient avec le verre brisé). Le complice revient à la charge, saisit l'autre aux revers de son blazer, froissant l'écusson, et le colle contre un mur. J'interviens alors pour les séparer et, d'un faux geste je l'espère, l'un d'eux m'envoie son avant-bras en pleine figure. Traînée rouge sur le mur blanc à côté de l'affiche. C'est mon sang. Une branche de mes lunettes vient de se briser et d'entailler coin de l'oeil !
Cet événement rallie les deux élus. Sans attendre, ils partent ensemble ! Celui aux montures bleues revient poser son verre alors qu'il s'éloignait avec. Il me demande (je me souviens tout à fait de sa phrase) « et vous ne pourriez pas en faire d'autres des collages comme à Blind Spot ? Au moins un, pour moi ? ». Je refuse, mouchoir en papier imbibé au coin de l'oeil. Votre travail est intéressant, il ajoute, mais « juste bon pour les murs de bar ». Je m'en tape, je n'ai jamais voté socialiste, je répond, et n'ai pas de facebook (il m'avait pris la tête en début de soirée avec ça).
J'ai épongé sang une partie de soirée mais ma compagne a dû m'emmener aux Urgences. Deux points.
C'était l'émotion, peut-être la compassion, en tous cas tous les collages ont été vendus ce jour-là sauf un.
Sinon, j'ignore qui transmet les invitations aux vernissages à ces types mais je lui demande de s'abstenir dorénavant.
Mortelles retrouvailles, un roman-photo conçu avec Fabienne Rocher et fabriqué avec des amis en 2005.
L'exposition qui vient aura lieu à La Quincaillerie Générale, 15 rue Paul Bert à Rennes, à partir du 16 juin. Vernissage le 18 juin à partir de 19h00. Des collages faits en mars, avril et mai 2010, sur du carton d'emballage. Quelques tentatives de photos ici.
On se souvient (sinon voir ici) de deux anciens élus s'étripant autour d'un collage lors d'un précédent vernissage. Et de leur altercation spéculative. Ils sont venus au dernier fin mai, à Blindspot. Cette fois ils étaient réélus et en charge d'un centre d'art dit Contemporain et venaient se plaindre de baisses de subventions. L'un d'eux s'adressa à moi : « on vient même vous en réclamer ! ». Avant qu'on en vienne aux mains, le second réélu glissa entre nous, que le stress les tourmentait, et que servir les usagers et les consommateurs... Tous deux étaient épuisés par leur fonction, et l'absence de moyens les forçaient à utiliser leur imagination ! Et celle de beaucoup d'artistes est terrorisée à cette idée ! C'est inhumain ! Un invité réclamait une minute de silence, pour marquer le coup, lorsqu'ils annoncèrent que mes collages ne valaient plus rien. Aussi, les gens présents les achetèrent en totalité dans l'instant. Et tout fut encore vendu à l'inauguration.
C'est dire s'il est conseillé de venir le jour-là.